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GAFA : Google, Apple, Facebook et Amazon ont rendez-vous avec le Congrès américain

Le Congrès américain se prépare à l’une des plus importantes auditions liées au monde de la technologie. Hier, 29 juillet, les PDG des 4 plus grandes entreprises du secteur (que l’on appelle GAFA) seront appelés à la barre : Jeff Bezos pour Amazon, Tim Cook pour Apple, Mark Zuckerberg pour Facebook et Sundar Pichai pour Google.

L’objectif de l’audition est de rassembler de nouvelles preuves sur l’enquête antitrust lancée en juin 2019, qui cherche à comprendre si les grandes entreprises technologiques ont réellement mis en place un oligopole capable de contrôler le marché du commerce numérique, et si elles ont été capables d’éliminer la concurrence dans leurs secteurs respectifs.

Le résultat de cette audition pourrait jeter les bases d’une législation visant à limiter le pouvoir écrasant des grandes entreprises, et à les ramener dans le cadre des règles visant à éviter la création de monopoles. Même si, soit dit en passant, de grands doutes et incertitudes pèsent sur l’efficacité de cette intervention. Les 4 PDG seront en effet appelés à témoigner tous ensemble (par téléconférence) puis à répondre à des questions générales dans un temps limité.

Spectacle médiatique ?

La crainte est que l’audition ne se transforme en un spectacle médiatique et rien de plus. Car en définitive, il sera impossible d’entrer dans les détails et les spécificités de chaque entreprise, tout comme il sera tout aussi difficile d’établir des règles pouvant être appliquées de la même manière à toutes les personnes concernées. Bien qu’elles soient des géants de la technologie, Amazon, Apple, Facebook et Google sont des entreprises qui sont profondément différentes les unes des autres de différents points de vue : de l’entreprise à la façon dont elle est mise en œuvre.

Les attentes sont donc très importantes, mais le risque de se retrouver devant une commission incapable de mettre les 4 PDG au pied du mur est toute aussi forte. En attendant de connaître les résultats de l’audition, qui pouvaient être suivis en direct, voyons les points qui pourraient être évoqués par le Congrès, entreprise par entreprise.

Amazon

amazon

L’accent est mis sur le commerce électronique et en particulier sur ses politiques qui peuvent nuire aux petits vendeurs opérant sur sa plate-forme, un problème également soulevé par l’autorité antitrust européenne. L’accusation est qu’elle utilise les données de ses partenaires, pour décider quand fabriquer des produits badgés Amazon à bas prix, qui sont en concurrence directe avec ceux vendus par les commerçants opérant sur Amazon. Ce sera la première audition de Bezos.

Apple

En ce qui concerne Apple, les applications devraient se concentrer sur l’App Store et les 30 % de parts qu’il détient dans la vente d’applications. Le dernier à s’être exprimé sur le sujet a été le président de Microsoft (une société qui n’a pas participé à l’enquête).

Apple a toujours défendu sa part de marché en affirmant qu’il s’agit d’une norme industrielle, tandis que les principaux lésés par cette politique, tels que Spotify, Hey et de nombreux autres services, affirment qu’il s’agit d’une distorsion du marché qui donne aux services de Cupertino un énorme avantage concurrentiel. Il semble que Tim Cook ne soit pas très satisfait de devoir participer à cette audition, surtout après avoir travaillé si dur pour rester dans les bonnes grâces de l’administration Trump.

Facebook

facebook

Facebook est de retour devant le Congrès, cette fois-ci pour ne pas parler du scandale de Cambridge Analytica, ou pour répondre aux questions sur sa cryptomonnaie Libra. Plusieurs comportements anticoncurrentiels et la création du duopole Facebook/Google sur le marché de la publicité en ligne sont à l’étude. Il est possible que de nouveaux détails apparaissent au cours de l’audition concernant les discussions internes de l’entreprise sur ces questions, et la manière dont elles ont été traitées par les différents dirigeants.

Google

Enfin, il y a Google, également dans l’œil du cyclone en raison de son comportement anticoncurrentiel dans le domaine de la recherche en ligne, ainsi que de la publicité. La société Mountain View est déjà en examen devant deux tribunaux américains et l’accusation est de favoriser ses produits et services aux dépens de ses rivaux. Pour ce faire, elle a exploité sa position dominante sur les smartphones Android pour faire de Google le moteur de recherche par défaut, et a conclu un accord entre milliardaire avec Apple, pour que la maison Cupertino fasse de même avec Safari sur iPhone. Rappelons que ces dernières heures a émergé une nouvelle accusation d’abus de position dominante, bien que cette question ne sera pas traitée par la commission du Congrès.