L'Australie est déjà le premier pays à interdire l'utilisation des médias sociaux aux enfants de moins de 16 ans. Et elle envisage désormais d'étendre ses règles de protection de la jeunesse pour cibler d'autres parties d'Internet, notamment les magasins d'applications, les moteurs de recherche et les services d'IA. Le régulateur Internet du pays a déclaré qu'il pourrait faire pression sur les grands contrôleurs numériques pour qu'ils bloquent l'accès aux services qui ne mettent pas en œuvre de systèmes robustes de vérification de l'âge.
Ce que propose l'Australie
Dans une interview avec Reutersdes responsables de l'organisme australien de surveillance eSafety ont déclaré qu'ils pourraient étendre la limitation de l'âge aux magasins d'applications et aux moteurs de recherche, ce qui permettrait aux mineurs d'accéder facilement aux outils d'IA et à d'autres services en ligne sans vérifier leur âge. L'un des objectifs immédiats concerne les services de chat IA comme ChatGPT d'OpenAI. Ces plates-formes peuvent afficher du contenu tel que du matériel graphique, des informations sur l'automutilation et d'autres domaines que les régulateurs considèrent comme potentiellement dangereux pour les internautes de moins de 18 ans.
Selon leur nouvelle proposition, des contrôles d'âge devraient être mis en œuvre d'ici le 9 mars, sinon les entreprises risquent d'être condamnées à des amendes pouvant atteindre 49,5 millions de dollars australiens (~ 35 millions de dollars américains). Les efforts de l'Australie mettent en évidence une tendance plus large à une réglementation ciblée selon l'âge, qui a commencé avec les médias sociaux et qui s'étend désormais à d'autres domaines de l'écosystème numérique. Apple a apparemment déjà confirmé cela, en vérifiant l'âge avant d'autoriser les utilisateurs à télécharger certaines applications dans des régions comme le Brésil, l'Australie et Singapour.


Une vague mondiale de restrictions d’âge
Dans un contexte plus large, les gouvernements du monde entier ont également envisagé des règles similaires pour limiter l'accès des mineurs aux médias sociaux et aux services en ligne :
- La France et l'Espagne s'orientent vers des limites d'âge sur les réseaux sociaux, avec des âges minimum et des exigences de vérification.
- Au Royaume-Uni, l’interdiction des médias sociaux pour les jeunes de moins de 16 ans est également à l’étude.
- La Nouvelle-Zélande a proposé des lois similaires limitant l'âge des médias sociaux pour les mineurs de moins de 16 ans.
L'essentiel
L’accent mis sur la sécurité en ligne des jeunes a clairement dépassé les seules plateformes de médias sociaux, l’Australie envisageant des contrôles d’âge même au point d’accès (magasins d’applications, moteurs de recherche et outils d’IA). Alors que les régulateurs élargissent le filet de leur politique de sécurité numérique, il reste à voir comment les pays équilibrent la protection en ligne avec la vie privée, l'accès et les libertés civiles pour les jeunes internautes du monde entier.








