Google a discrètement contacté les développeurs Android en leur proposant d'acheter l'accès à leur code. Tel que rapporté par 404 Media, la société a envoyé des e-mails à un groupe sélectionné de développeurs de Google Play, les invitant à rejoindre ce qu'elle appelle un « projet pilote d'offre de contenu confidentiel ».
L’e-mail le présente comme une opportunité de revenus, affirmant que les développeurs peuvent « être payés pour partager le code qui alimente vos applications, ainsi que vos projets archivés ». Google ajoute que les développeurs conservent leurs droits de propriété intellectuelle et que la licence est non exclusive.
Alors, pourquoi Google veut-il réellement ce code ?
Selon le rapport, l’e-mail ne mentionne jamais l’intelligence artificielle, mais un lien enfoui mène à une page intitulée « partenariats pour améliorer nos produits d’IA ». Sur cette page, Google déclare ouvertement qu'il paie pour du « contenu non public dans une gamme de formats multimédias » afin d'améliorer ses modèles d'IA.
Relier les points n’est pas difficile. Gemini de Google est excellent dans la génération d'images et de texte, mais a pris du retard dans les outils de codage d'IA, tandis qu'Anthropic a porté le succès de Claude Code à une valorisation supérieure à celle d'OpenAI.
OpenAI a également lancé sa propre application Codex, axée sur les développeurs. Lors du récent Google I/O, la société a présenté son IDE Antigravity 2.0, capable de créer des applications entières.
Il semble que Google souhaite entraîner son IA avec du vrai code pour améliorer ses capacités de codage, afin de pouvoir rivaliser avec Claude Code et le Codex de ChatGPT. Acheter du code réel auprès des développeurs est un raccourci pour combler cet écart.


Y a-t-il quelque chose de mal à cela ?
Même si l’impact à long terme peut être préjudiciable aux développeurs, cette approche de Google n’est pas fondamentalement fausse. Au moins, c'est mieux que de former l'IA sur des centaines de milliers de livres et de publications en ligne sans autorisation, ce que font la plupart des entreprises d'IA.
Les développeurs conservent leur IP, la licence est non exclusive et ils sont payés. Cela dit, le manque de transparence du courrier électronique mérite d’être souligné. Présenter un programme d'acquisition de données d'IA comme une simple « opportunité de revenus » sans mentionner du tout l'IA donne l'impression que Google espère que les développeurs ne poseront pas trop de questions.





