Une imprimante photo portable coûte entre 60 et 150 euros. Ce n’est pas là que se joue la dépense : c’est le papier qui décide, et l’écart entre les technologies atteint un facteur trois par tirage.
Avant de comparer les machines, regardez donc ce que coûte une photo. Les prix de consommables ci-dessous ont été relevés en septembre 2026 chez Canon et chez les revendeurs français.
Le coût par tirage, le chiffre que personne n’affiche


Trois technologies coexistent et elles n’ont rien à voir sur le plan économique.
La sublimation thermique chauffe un ruban qui dépose successivement les couches de couleur, puis un vernis protecteur. C’est la plus fidèle, la plus durable, et sur les kits Canon la moins chère à l’usage, autour de 0,37 euro la photo pour le kit RP-108 de 108 feuilles à 39,99 euros.
Le papier Zink contient les colorants dans sa propre épaisseur, activés par la chaleur. Pas de cartouche, donc une machine plus petite et moins chère, mais un papier qui revient cher : environ 1 euro le tirage chez HP, où le pack de 20 feuilles coûte 19,99 euros.
Les films Instax de Fujifilm relèvent d’une autre logique, celle de l’argentique instantané, avec le rendu et les défauts qui vont avec.
Sur 200 photos par an, un usage courant pour une famille, l’écart entre 0,37 et 1 euro représente 126 euros. C’est plus que la différence de prix entre les machines elles-mêmes.
Les modèles, et ce qu’ils valent aujourd’hui
Canon SELPHY CP1300
La référence de la sublimation en 10 × 15 cm. Tirages sans bordure en une minute, rendu proche d’un labo photo, et surtout le coût au tirage le plus bas de cette sélection.
Un point à connaître avant d’acheter : la CP1300 est l’ancienne génération, remplacée commercialement par la CP1500. La CP1300 reste vendue et parfaitement fonctionnelle, souvent moins chère, et elle utilise les mêmes kits papier. Si les deux modèles sont au même prix, prenez la CP1500.
Où ça décroche : elle est nettement plus encombrante que les autres, avec un bac papier qui dépasse pendant l’impression. « Portable » signifie ici transportable dans un sac, pas dans une poche.
KODAK Dock Plus PD460
Station d’accueil qui imprime en 10 × 15 par sublimation, avec un socle où l’on pose le téléphone pour le recharger pendant l’impression. Le rendu est bon et la manipulation simple, sans application compliquée.
Où ça décroche : le format station la destine à rester sur un meuble. Elle concurrence la Selphy plus qu’elle ne s’adresse aux nomades.
Polaroid Hi-Print
Contrairement à ce qu’on lit souvent, elle n’utilise pas de papier Zink mais de la sublimation, avec un consommable qui intègre papier et ruban. Le pack de 60 feuilles à 39,90 euros situe le tirage autour de 0,67 euro, entre la Selphy et les modèles Zink.
Format carte de crédit, autocollant au dos, rendu coloré typé Polaroid. C’est le bon compromis entre l’encombrement minuscule et une qualité correcte.
Où ça décroche : le format reste petit, 5,4 × 8,6 cm, et le rendu sature les couleurs vives.
HP Sprocket
La plus connue des Zink, et la plus petite. Elle tient réellement dans une poche et se transporte partout, ce qui reste son argument principal.
Où ça décroche, et c’est le point à peser : environ 1 euro par photo. Sur un usage régulier, elle devient la solution la plus chère de cette page malgré un prix d’achat modeste. Le modèle économique est le même que sur les imprimantes de bureau, une machine bon marché et un consommable cher, une pratique qui a d’ailleurs valu à HP une lourde amende. À réserver aux tirages occasionnels.
KODAK Step
Même principe Zink que la Sprocket, avec un format un peu plus grand et un dos autocollant. La connexion Bluetooth est stable et l’application propose des cadres et des filtres.
Où ça décroche : la fidélité des couleurs est en retrait, particulièrement sur les teintes de peau, où le Zink tire vers le rose.
KODAK Mini 2 Retro
Version au design rétro, technologie sublimation, tirages au format carte. Elle vise clairement le cadeau, avec un objet soigné et une prise en main immédiate.
Où ça décroche : le catalogue Kodak a évolué depuis, et une Mini 3 existe. Nous n’avons pas pu confirmer auprès de Kodak qu’elle remplace officiellement la Mini 2, donc vérifiez la disponibilité des consommables avant de vous engager sur un modèle ancien.
Liene ZINK Photo Paper
Marque moins connue qui joue sur le prix du consommable, souvent inférieur à celui des grandes marques pour un papier Zink de qualité comparable.
Où ça décroche : la disponibilité du papier dépend d’un seul fournisseur. Sur une machine gardée plusieurs années, c’est un risque réel, alors que les kits Canon et les films Instax se trouvent partout.
Mi Portable Photo Printer
La proposition de Xiaomi en sublimation 10 × 15, généralement moins chère que la Selphy à l’achat, avec un rendu honnête et une application correcte.
Où ça décroche : le réseau de distribution des consommables en France est moins dense que celui de Canon. Vérifiez le prix et la disponibilité du papier avant, pas après.
Laquelle choisir selon votre usage
Pour imprimer régulièrement des photos de famille en 10 × 15, la Canon Selphy s’impose par son coût au tirage et sa qualité. C’est le choix rationnel dès que vous dépassez une centaine de photos par an.
Pour glisser une imprimante dans un sac et sortir des autocollants en soirée, une Zink comme la Sprocket fait le travail, à condition d’assumer le prix du papier.
Pour offrir, la Polaroid Hi-Print ou la Kodak Mini réunissent l’objet plaisant et un coût au tirage supportable.
La question à se poser avant d’acheter
Combien de photos imprimerez-vous réellement dans l’année ? La réponse honnête est souvent bien plus basse que prévu : ces appareils connaissent un usage intense les deux premiers mois, puis dorment dans un tiroir.
Si votre estimation est inférieure à cinquante tirages par an, le coût du papier n’a aucune importance et n’importe quel modèle compact fera l’affaire. Au-delà de cent cinquante, la sublimation devient le seul choix raisonnable, et l’écart de consommable rembourse la différence de prix en moins d’un an. Si vous imprimez aussi des documents, les critères ne sont pas les mêmes et notre article sur ce qu’il faut regarder dans une imprimante détaille les pièges du coût à la page. Pour du tirage photo vraiment occasionnel, le service de développement en ligne reste imbattable, autour de 0,10 euro la photo, sans machine ni papier à stocker.








